L'Actualité

Mardi 6 octobre 2009

C’est une mise en demeure, en recommandé avec accusé de réception, que la population du Pas de Calais vient d’adresser ce samedi 3 octobre 2009 au Président de la République.

 

En effet, la population du Pas de Calais, comme partout en France, s’est mobilisée en masse pour dire « non » aux projets de privatisation de La Poste, service public emblématique d’une République aspirant à l’égalité et à la proximité avec ses citoyens.

 

Ce succès populaire est le résultat d’une mobilisation unitaire sans précédent de l’ensemble des organisations de gauche (partis, syndicats et associations) à laquelle les élus et militants socialistes ont apporté une contribution notoire, en particulier pour la mise en place pratique de la votation.  La Fédération des Elus Socialistes et Républicains est fière du combat qu’elle a mené et considère que ce succès en appelle d’autres.

 

Dès maintenant, les Socialistes appellent les membres du collectif unitaire pour la défense de La Poste à revendiquer auprès du gouvernement et des parlementaires l’organisation d’un référendum national en bonne et due forme. Ce nouveau scrutin sera alors l’occasion de débattre plus généralement de la place du service public en France et en Europe et de confirmer le résultat de cette votation citoyenne.

 

Frédéric CUVILLIER,
Président de la FDESR du 62
 

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Mercredi 30 septembre 2009
Cher(e) ami(e), Cher(e) camarade,
 
Le 1er octobre les militants socialistes sont appelés à se prononcer sur le 1er des socialistes dans leur région et sur 11 questions portant sur le fonctionnement et la rénovation du parti socialiste. C’est un rendez vous que nous ne devons pas rater, qui est une occasion d’avancer sur des questions décisives et d’engager un nouveau dialogue avec les Français.

La sensibilité « Clarté, Courage, Créativité » considère que la rénovation, à la fois de notre projet et de nos pratiques, est au cœur des priorités pour le parti socialiste.

Notre parti est le seul outil qui peut permettre la victoire de la gauche dans notre pays en 2012. C’est parce que nous aimons le Parti Socialiste que nous voulons qu’il évolue, qu’il s’améliore et que nous refusons le statu quo. Le rénover est une nécessité non pour rompre avec son histoire, mais pour lui redonner un temps d’avance en matière de pratiques politiques et démocratiques comme il a su le faire avec audace à plusieurs reprises.

La limitation du cumul des mandats doit contribuer au changement des pratiques politiques, aider au renouvellement et permettre de faire une place plus grande à la représentation de la diversité de notre société ; sur ce point, des camarades de la sensibilité « Clarté, Courage, Créativité » ont ouvert la voie et mis en œuvre le principe d’exemplarité pour faire avancer les pratiques collectives. Ainsi, la Fédération du Finistère, avec Marc Coatanéa son premier secrétaire fédéral, a saisi les militants dès le début de cette année sur la limitation des cumuls de mandats et l’a immédiatement appliquée avec ses élus. Rappelons que Bertrand Delanoë avait démissionné de son mandat de parlementaire dès son élection comme Maire de Paris. Avec le vote du 1er octobre nous devons permettre à l’ensemble du parti de franchir cette étape décisive, qui demain devra se prolonger par un véritable statut de l’élu.

La parité, conquête concrétisée par le Gouvernement de Lionel Jospin pour les candidatures, doit devenir effective dans les assemblées de la République et pour commencer dans nos propres instances. Là encore, « Clarté, Courage, Créativité » avait mis en œuvre la parité parmi ses représentants dès le congrès de Reims. Par notre vote du 1er octobre elle doit devenir la règle pour l’ensemble du parti.

Plus que jamais, nous devons faire en sorte que notre parti ressemble à notre pays, à sa société, et qu’il puisse associer et représenter beaucoup plus fortement celles et ceux qui s’engagent dans toutes les formes d’action collective pour le progrès, la solidarité, la justice, l’écologie, au travers des syndicats, des associations, des mouvements de citoyens et de jeunesse, tous ceux qui espèrent de la gauche.

Cette rénovation doit être entièrement consacrée à associer les Français à la préparation de l’alternance pour 2012. C’est l’esprit que nous devons donner aux primaires, qui prendront leur sens en lien avec le projet préparé par les socialistes et le rassemblement sur une plateforme programmatique des formations qui souhaitent une candidature commune de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle. Pour donner l’élan le plus large à notre candidat et le porter avec force au second tour de la présidentielle.

Enfin, il nous faut faire passer un nouveau souffle démocratique dans notre vie interne. Remettre notre parti en mouvement, c’est aussi entrer dans une nouvelle ère d’éthique et de transparence. A cet égard, un grand parti moderne doit se doter de procédures et de pratiques qui ne puissent jamais être mise en doute ou donner lieu à suspicion. La rédaction de la charte éthique, la création d’un comité d’éthique et l’adoption de règles claires et respectées, devront être au cœur de la convention de la rénovation que nous tiendrons en juin 2010.

Aujourd’hui, par le vote du 1er octobre, un processus doit être engagé, sur la base des orientations fixées, qui débouchera sur des décisions de réforme de nos statuts débattues et tranchées par les militants lors de la convention du mois de juin. La sensibilité « Clarté, Courage, Créativité » veillera à ce que les militants aient toujours le dernier mot sur chacune des grandes décisions qui engageront notre destin collectif.

La rénovation du Parti socialiste est une nécessité avant tout pour créer les conditions de l’alternance en 2012. Et nous devons consacrer nos efforts les plus déterminés aux Français et renouer avec eux le dialogue avec audace et créativité afin de répondre à leurs interrogations sur l’avenir, et avant tout à leurs préoccupations actuelles. C’est une urgence et un devoir, en particulier à l’aube du combat contre la droite que nous devrons mener ensemble lors des prochaines élections régionales.

C’est pourquoi la rénovation ne peut être, pour nous, ni un vœu pieux, ni une posture : c’est aujourd’hui l’intérêt général de tous les socialistes. C’est l’intérêt général d’une gauche qui a besoin  de retrouver la vitalité qui nous permettra non seulement de gagner les élections mais aussi de changer la société. Que chacun vote selon sa conviction, mais que le vote soit massif, car c’est cela la rénovation. Le 1er octobre, posons un acte d’avenir. Dès le 2 octobre soyons pleinement mobilisés, tous ensemble, dans le combat des élections régionales, au service des Français.

 
Harlem Désir.
 
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Lundi 21 septembre 2009

Cher(e) camarade,
 
Samedi dernier s'est tenu le Conseil national du Parti Socialiste consacré au questionnaire sur la rénovation qui sera soumis le 1er octobre au vote des militants. Ce questionnaire, même s'il aurait sans doute pu bénéficier d'un temps de dialogue plus long au sein des sections et des fédérations, est un premier pas important avant la convention nationale qui sera consacrée dans quelques mois à la rénovation de notre parti.
 
Lors de ce Conseil National, les intervenants de Clarté Courage Créativité ont insisté sur plusieurs nécessités. D'abord l'apaisement : nous devons être en mesure de produire collectivement un travail serein au service des Français, loin des querelles internes et de personnes. Il ne faut pas rejouer Reims. Ensuite, la clarification nécessaire concernant la transparence et le contrôle de nos votes internes qui doivent devenir en tous points insoupçonnable. Il en va de notre identité, celle d'un grand parti démocratique moderne et de notre crédibilité vis à vis des Français. Certes il est utile de créer un comité d'éthique. Il faut de toute évidence clarifier et renforcer les règles et surtout les contrôles. Mais il est également nécessaire de corriger les comportements là où ils ont remis en cause, depuis trop longtemps, le libre choix des militants et le pluralisme des opinions.
A cet égard il n'est pas inutile de rappeler qu'il y a d'autant moins de fatalité qu'il n'y a pas de problème dans la plupart des fédérations.  C'est pourquoi nous avons proposé que les fédérations soient directement associées au travail de préparation des nouvelles règles et procédures.
 
Ce débat aura aussi porté sur l'ouverture du parti à la société, les primaires, le renouvellement, le non cumul.
 
Nous proposons d'aborder ces questions avec quelques principes directeurs : l'audace, le respect des militants, l'exemplarité. Nous avons réaffirmé que les militants doivent être consultés pour chaque grande décision qui engage notre destin. Ainsi sur les limitations aux cumuls. Nous aurions souhaité que le questionnaire permette aux militants de choisir entre le non cumul entre un mandat parlementaire et un executif local ou en faveur du mandat parlementaire unique. Marc Coatenéa est intervenu pour dire comment la fédération du Finistère, dont il est le premier secrétaire, avait saisi ses militants dès le début de cette année en les laissant décider de l'option retenue concernant la limitation des cumuls de mandats et avait débouché sur une changement complet de pratique des élus, mis en oeuvre immédiatement. Pour nous, l'exemplarité est un guide pour l'action. La rénovation il ne suffit pas d'en parler, il faut la faire. Rappelons que Bertrand Delanoë avait démissionné de son mandat de sénateur dès son élection comme maire de Paris. 
 
Mais sur cette question comme sur celle des primaires nous avons voulu que s'exprime la diversité des points de vue y compris entre nous et c'est ce que reflète nos interventions. Car tous ces débats ne doivent pas être escamotés mais au contraire approfondis avec les militants pour déboucher sur des décisions effectivement mises en oeuvre.
 
Nous t'invitons à prendre connaissance des interventions d'Harlem Désir, Elsa Di Méo, Marc Coatanéa et Bernard Poignant, qui exprimaient, dans notre diversité, les ambitions de notre sensibilité.


L'équipe de Clarté Courage Créativité

Les interventions


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Vendredi 19 juin 2009

Dans une interview au Monde daté du mardi 16 juin 2009, Bertrand Delanoë analyse le mauvais score du PS aux élections européennes, et esquisse quelques pistes pour l'avenir.

 

 Quelle est votre analyse du très mauvais score du PS aux élections européennes du 7 juin ?


C’est un rendez-vous manqué. Nous ne nous faisons plus comprendre. Si l’on ajoute la faiblesse de notre score au niveau élevé de l’abstention, l’évidence s’impose : les électeurs n’ont pas voté pour nous parce qu’ils n’en avaient pas envie. Nous payons bien sûr l’insuffisante clarté de notre proposition européenne mais aussi un comportement. Cela vient de loin et le congrès de Reims n’a rien arrangé. Aujourd’hui, ce qui domine dans l’opinion et altère tout autre message, c’est que nous avons perdu le sens du désintéressement et de la victoire collective. Il y a là un grave enjeu de culture démocratique.

 

La responsabilité est-elle collective ou est-ce la direction du PS qui a mal manoeuvré ?


C’est une responsabilité collective, de la base au sommet. Les électeurs n’ont plus le sentiment d’être notre principale préoccupation. Ce processus lourd rappelle les dérives de la SFIO : des phénomènes de clientélisme en interne, des votes pas forcément clairs, une paresse intellectuelle. Fondamentalement, depuis avril 2002, nous n’avons pas réussi à arrêter une orientation claire, ni à mettre en harmonie notre force locale et notre force nationale. Au congrès de Reims, il y avait quatre composantes principales. Or, j’ai éprouvé personnellement l’impossibilité de dégager une option majoritaire basée sur le fond, sur une identité assumée, sur la clarté des alliances. Il faut donc un sursaut. Notre tâche prioritaire est de construire une orientation politique de gauche, réformiste, européenne, écologiste. Il est temps de recréer un mouvement à ancrage populaire, moderne, réinventant sa relation aux citoyens et s’assumant comme une gauche de gouvernement. Vous savez, dans ce parti, il y a toujours eu des débats d’idées et des rivalités de personnes mais aux moments essentiels, l’objectif d’une victoire de nos idées, pour la France, était plus fort que tout. Il faut créer les conditions pour que cela redevienne possible quel que soit celle ou celui qui aura mérité d’être
notre leader.

 

A Paris aussi vous incarniez une gauche écologique et responsable. Vous aviez choisi la tête de la liste. Or, vous subissez un échec. Comment l’expliquer ?


Le résultat est effectivement un échec. J’y prends ma part. Et Harlem Désir, pas plus que les autres candidats, n’est en cause. Car le vote des Parisiens s’est fait sur une offre nationale, déconnectée de l’enjeu municipal. J’avoue d’ailleurs que je n’ai rien vu venir car sur le terrain, l’accueil était comparable à celui des municipales de 2008 où j’avais recueilli 41% au premier tour.

 

Pourquoi Daniel Cohn-Bendit a-t-il autant marqué de points?


D’abord, c’est un très bon candidat. Il l’avait déjà montré en 1999. Il parle net, direct. Il est nature, il est malin, aussi. Daniel Cohn-Bendit a su transformer en force ce qui aurait pu être son point faible : il a rassemblé des gens très différents. J’observe aussi qu’il a fait une campagne européenne et écologiste située au centre-gauche en parvenant à gommer dans le discours des Verts, certains aspects à tonalité un peu gauchiste.

 

Vous voulez dire qu’il est plus ouvert que les autres Verts ? Il est « libéral libertaire», comme vous ?


Oh, je ne réfute pas cette comparaison là, même si elle est réductrice. Mais au plan économique, il est beaucoup plus libéral que moi. Par exemple, il est plus indulgent que je ne l’aurais été sur la dérégulation des transports ferroviaires. Et aux municipales de mars 2008, Daniel Cohn-Bendit m’avait publiquement demandé de faire alliance avec le MoDem alors que les Verts de Paris me disaient : « pas question ! ». J’ai choisi de rassembler d’abord sur la clarté d’un projet.

 

Vous restez hostile aux alliances avec le Modem ?


Je continue de penser que la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose : donc, quelle cohérence politique dans une alliance avec un parti qui refuse de dire s’il se sent plus proche du camp progressiste ou du camp conservateur ? En revanche, si des forces du centre assument cette clarification et acceptent de gouverner avec toutes les composantes de la gauche, pourquoi pas ? Mais j’exprime une autre condition : il est inacceptable de s’allier avec une formation qui pratique des accords à géométrie variable, avec la gauche à un endroit, avec la droite à un autre. C’est cela qui crée la confusion et installe, dans l’esprit de l’électeur, le sentiment de « bricolages » politiciens. Au contraire, il faut lui proposer une offre bien différenciée. Je désapprouve donc ce que le PS a toléré aux dernières élections municipales. La démocratie française est malade, le PS doit redevenir un facteur de clarté et d’honnêteté.

 

En Ile de France, Jean-Paul Huchon se dit déjà prêt à une alliance avec le centre.


D’abord, je lui fais confiance pour porter le projet d’avenir de l’Ile de France. Ensuite, je ne suis pas un donneur de leçons. Je vais donc en parler directement avec lui, et certainement pas par journaux interposés.

 

La réponse de Martine Aubry au conseil national mardi 9 juin, a t elle été à la hauteur de la situation ?


Quand on doit se ressaisir après des années d'affaiblissement, il me semble normal de ne pas trouver la solution en 48 heures. Ce qui doit être à l’ordre du jour, c’est le courage et l’esprit collectif, pour le renouveau. Car les Français attendent de nous du travail et des actes.

 

Etes vous prêt à l'aider ?


Bien sûr.

 

A quelles conditions ?


Il n'y pas de condition. Je suis loyal et collectif mais j'ai aussi des convictions. J'ai donc l'intention d'être libre dans mes convictions et totalement collectif dans mon engagement.

 

Avez-vous fait une croix sur vos ambitions personnelles au sein du PS ?


Je n'ai fait de croix sur rien du tout. J’agis en fonction de ce que je crois utile et efficace. Au lendemain de ces élections européennes, il serait ridicule de penser à autre chose. Je veux servir mon pays par les valeurs de la gauche. Et cela peut se faire sans a-priori sur les postes.

 

Le débat sur les primaires vous paraît-il prématuré ou négatif ?


Ni prématuré, ni négatif. Sur l’ensemble de nos modes de fonctionnement, nous devons ouvrir non seulement les fenêtres mais aussi les portes. Mais les primaires ne résument pas à elles-seules la rénovation indispensable de nos pratiques, par exemple, sur le cumul des mandats, y compris dans le temps.

 

D’ailleurs, pourquoi s’appliqueraient-elles seulement à l’élection présidentielle ?


Ce débat, nous devons donc le traiter en cohérence, j’allais dire comme une composante de l’essentiel : notre projet et son articulation avec la stratégie d'alliances.

 

Comment s’opposer à Nicolas Sarkozy ? Partagez vous la critique de François Bayrou sur l’abus de pouvoir ?


Je serai plus nuancé, il faut distinguer les niveaux. Il y a chez le chef de l’Etat ce qui relève de l’habileté et même de l’intelligence politique : sa façon de mettre en scène son pouvoir et de saturer l’espace médiatique. Mais il y a beaucoup plus inquiétant : la pression qu’il exerce sur les acteurs de la vie médiatique, l’hymne à l’argent roi, une forme d’arrogance et d’auto encensement permanent. Voilà un aspect sur lequel nous pourrions nous opposer fermement et honnêtement.

 

Qu’appelez vous une opposition honnête ?


Ne pas se disperser, cibler nos critiques sur ce qui heurte nos valeurs et se révèle inefficace dans l’action de Nicolas Sarkozy. Et lier toujours cette critique à des propositions opérationnelles. Dire par exemple que fusionner l’Anpe et l’Unedic pour en faire un grand service public de l’emploi est une bonne idée. Mais que le gouvernement n’y met pas les moyens nécessaires pour assurer une indemnisation convenable et le suivi individualisé des chômeurs, les jeunes notamment dont un quart des moins de 25 ans sont sans emploi. La droite saccage les services publics en supprimant mécaniquement des postes dans l’éducation et la santé. Nous devons nous y opposer, tout en affirmant notre conception des services publics qui ne doivent pas fonctionner au 21e siècle comme dans les années 60. Aujourd’hui, les Français veulent qu’on les protège mais ils demandent en même temps qu’on assure la promotion individuelle. Le socialisme moderne doit concilier ces deux exigences.

 

Compte tenu de l’ampleur des déficits, la gauche peut-elle proposer autre chose que des hausses d’impôts en 2012 ?


Je ne veux être ni lâche ni avoir de tabous. La politique fiscale du gouvernement est profondément injuste. En 2012, la gauche devra proposer un changement profond de la fiscalité, en disant la vérité sur ses priorités pour le pays, sur la façon de les financer et sur une répartition plus juste de l’effort. Il faudra soulager les classes moyennes sans être démagogue avec les classes moyennes supérieures. Car avant même la crise, la droite a mis les finances publiques dans un état calamiteux : l’addition est lourde, il faudra donc être courageux.

 

 

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Vendredi 19 juin 2009
Chers camarades,

Depuis le soir du 7 juin, nous sommes nombreux à nous poser la question : comment en sommes-nous arrivés là ? Comment les socialistes, qui naguère incarnaient le progrès et l’espoir d’un autre avenir, ont-ils pu perdre à ce point, la confiance des Français ?

Disons-le, le Parti socialiste présente aujourd’hui des similitudes inquiétantes avec la SFIO, ses baronnies locales, son clientélisme et sa paresse intellectuelle Cette dérive vient de loin et notre responsabilité est évidemment collective. Elle est dans la somme des égoïsmes, des contradictions et des compromissions.

Aujourd’hui, l’enjeu est donc bien la survie du socialisme au service de la France : comment dessiner une vraie alternative de gauche ? Comment adapter nos idées et nos méthodes aux enjeux du monde qui va naître de l’après crise ?

Dans ce contexte, le combat qui nous a réunis à l’occasion du congrès de Reims conserve tout son sens.

Car, qu’est-ce qui nous rassemble ? L’attachement à un Etat puissant et régulateur, le combat pour la justice sociale, une conviction profondément européenne, la volonté de faire de notre parti la première force écologique de ce pays, le goût des libertés et l’ambition de les défendre, en un mot, cette « efficacité de gauche » propre au socialisme réformiste.

Et cela commence par l’exigence de vérité. Ne nous racontons pas d’histoires : personne ne croit que si la gauche revient au pouvoir, il n’y aura plus ni chômage, ni souffrance sociale, ni déficit public. Personne ne croit non plus qu’une opposition systématique soit le meilleur gage de crédibilité. Nous devons nous opposer honnêtement et fermement, et surtout proposer clairement.

Affirmons ce que nous sommes, en fidélité à notre idéal. Face au règne de l’argent, à la démagogie ambiante et à la menace populiste présente en Europe, nous devons construire une opposition fondée sur les valeurs, sur les attentes réelles, sur le besoin de justice, sur une certaine dignité et même sur la conscience de l’Histoire. Convaincus qu’une République moderne se nourrit aussi de l’éthique.

Cette reconquête implique d’abord et avant tout que nous définissions une orientation politique identifiée. Car j’en suis convaincu : elle est le préalable à toutes les autres questions qui nous sont posées, notamment celle des alliances. Alors que la démocratie française va mal, le PS doit être, plus que jamais, un facteur de clarté.

Ce sera difficile, et rien n’est acquis. Mais entre le présent et l’avenir, il n’y a qu’une frontière, celle de notre volonté. La créativité de tous est indispensable : nous avons besoin d’idées. J’en esquisse quelques-unes dans l’entretien au Monde que je joins à ce courrier et que vous trouverez en cliquant que ce lien. J’attends vos réactions et vos commentaires, et je souhaite que reprenne aujourd’hui, entre nous, le dialogue de la confiance et de l’imagination.

C’est pourquoi je serai amené prochainement à vous donner des précisions sur un rassemblement que nous organiserons à La Rochelle lors de nos universités d’été. Et dès à présent, je tiens également à vous annoncer qu’en septembre, une journée destinée à lancer de nouvelles pistes de réflexion et d’action nous réunira.



Amitiés socialistes.


Bertrand DELANOË

 


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